Catalogne, le grand cirque !

Catalogne, entre Espagne et Europe, région et nation, ça va tanguer.

Le 1er Octobre 2017 avait lieu en Catalogne, un referendum d’autodétermination à l’initiative du gouvernement catalan et ce, malgré le jugement définitif d’anti-constitutionnalité au vu de la constitution espagnole de 1978 rendu le 12 Septembre par le tribunal constitutionnel .

Ce scrutin illégal s’est soldé par un résultat de 90% de oui à l’indépendance avec un taux de participation de 42,3%. Malgré ce résultat digne d’une république bananière ,maintenant la “logique d’insurrection” du projet porté par les partis
indépendantistes catalans se fondent sur l’exclusion des autres régions espagnoles plus pauvres. Le président de la région catalane, devant le parlement réuni le 10 Octobre ,proclame que “avec les résultats du referendum, la Catalogne a gagné le droit d’être un état indépendant” . Il suspend néanmoins l’indépendance en vue de négociations avec le gouvernement espagnol ajoute t-il.

Le 21 Octobre 2017, le premier ministre espagnol Rajoy annonce qu’il recourt à l’article 155 qui dote le gouvernement de
l’état,  d’un mécanisme pour contrôler les communautés autonomes qui manquent aux obligations imposées par la constitution, les lois, ou qui attentent gravement à l’intérêt général de l’Espagne. Le 27 Octobre, le sénat espagnol donne sont accord au gouvernement à procéder à la destitution du gouvernement Catalan, et à convoquer de nouvelles élections régionales dans les six mois. Le soir même le président indépendantiste, Carles Puigdemont, organise la première réunion du gouvernement de la république catalane autoproclamée. Le décret relatif à sa destitution entre en vigueur le lendemain matin, le 28 octobre, au moment de sa publication au Bulletin officiel de l’État

Le PP espagnol du premier ministre Rajoy a tout au long des années 2000 joué un jeu envenimant la situation entre le
pouvoir central et le gouvernement catalan. En effet, en 2004 le PP de Catalogne se joint à la commission de rédaction de réforme des statuts d’autonomie de la Catalogne, bien que cette modification du statut ne fasse pas partie de son programme électorale.

Le 31 juillet 2006, le PP présente une protestation officielle au Tribunal constitutionnel espagnol contre le nouveau statut de la Catalogne, contestant même des articles qui existent dans d’autres statuts d’autonomie espagnols. Entre le 25 septembre et le 20 octobre 2006, les gouvernements des communautés autonomes espagnoles tenus par le PP protestent contre certains aspects du nouveau statut d’autonomie de la Catalogne .

Le 20 septembre 2012, Mariano Rajoy, président du gouvernement d’Espagne, refuse au gouvernement catalan les demandes d’un statut fiscal spécial, similaire à celui du Pays basque.  Celui-ci bénéficie en effet de taxes réduites depuis 1981.

Lors des élections générales du 20 décembre 2015 en Espagne la question catalane devient un des principaux enjeux de la campagne électoral. Le président du gouvernement sortant et chef du Parti populaire Mariano Rajoy, réunit les dirigeants des autres partis politiques espagnols pour conclure un ” pacte d’État “, c’est-à-dire une alliance contre les mouvements séparatistes.

Ces quelques exemples parmi tant d’autres nous démontrent que depuis le mouvement de réforme des statuts de l’autonomie catalane lancé au début du millénaire par les partis indépendantistes catalans le parti populaire espagnol ne pouvait pas mieux s’y prendre pour aboutir à la situation actuelle .

Surprenant la mise en application aussi tardive de l’article 155.  N’aurait il pas mieux valu user de celui ci plus tôt, avant la tenue du referendum catalan ? Plutôt que d’envoyer la Guardia civil se confronter aux indépendantistes le jour de la tenue du referendum,  avec pour résultat une flambée de violence, dont n’a pas manqué de faire ses choux gras la grande et petite presse subsidiée européenne. Faire des martyrs de la cause indépendantiste catalane, voir indépendantiste tout court, les ministres incarcérés, laisser échapper leur chef et ses principaux acolytes leur permettant de se mettre à l’abri dans la capitale de l’Europe  Le gouvernement espagnol agirait-il au profit d’un plan général établi par les ennemis de l’Europe des nations et des peuples européens?

Le 30 Octobre Carles Puigdemont atterrissait à Bruxelles en provenance de Marseille. Dans les jours suivants l’univers entier pouvait constater, outre le fait qu’il avait lâchement fuit son pays afin d’échapper à la justice de celui ci, que ce pleutre était bien un politicard opportuniste .

Tous ces partis régionaux indépendantistes tel le PDeCAT dont fais partie Puigdemont ne veulent plus que leurs régions fasse partie du pays auquel elle appartiennent mais veulent faire partie de l’Europe . Ce sont donc bien des partis créés uniquement pour “forcer” l’Europe des régions. Les commanditaires de ceux ci sont donc à chercher du côté de ceux qui veulent une Europe faible, et aux ordres de l’hyper capital, des Etats-Unis et du cosmopolitisme.  Vu sous cet angle, on comprend mieux pourquoi un parti centriste tel le PDeCAT et un parti d’extrême droite populiste à deux balles comme la NVA sont complices . Cette simple analyse rend compte exactement de ce que sont tous les politiciens de ces partis, d’infâmes opportunistes pragmatiques qui dans l’absolu se fichent éperdument de ceux qu’ils sont censé représenter, ils ne sont que des acteurs payés pour jouer le rôle qui est le leur .

Dès son arrivé à Bruxelles, le catalan à battu le fer se positionnant en victime dépeignant la Catalogne comme
” le seul territoire de l’Europe où il y a cette anomalie démocratique ” d’un Parlement régional élu par le peuple auquel il
est ensuite interdit d’exercer son pouvoir.  Si les Catalans donnent à nouveau une majorité aux séparatistes lors des élections régionales prévues le 21 décembre, “accepterez-vous le résultat du vote des Catalans ou allez-vous continuer à aider M. Rajoy dans ce coup d’Etat ? “,  a-t-il lancé aux présidents de la Commission et du Parlement européens .

Au risque de paraître excessif et au vu de l’affaire catalane dans son ensemble, il y a fort à parier que nous verrons bientôt d’autres gouvernements régionaux en Europe exiger leur indépendance tout en affichant le drapeau européen. Dès lors, je pose la question, l’Europe des régions serait-elle en marche?

Charles Alexandre Bolle

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