Abolition des frontières (2) : quand le néo-libéralisme manipule les chimères gauchistes

La suppression des frontières est un thème très répandu à l’heure actuelle dans la propagande des mouvements “radicaux”, du moins ceux qui
relèvent de la nébuleuse d’extrême-gauche. 

Pourtant, ce concept, outre sa dimension hautement utopique, implique de possibles développements racistes, impérialistes, et écologiquement dévastateurs qui ne sont que fort rarement analysés. En outre, les libéraux, désireux d’asseoir leur domination politico-économique sur le monde entier par la mondialisation du capitalisme, ne tendent-ils pas, eux aussi, à nier les frontières et à encourager l’uniformisation ?

L’objectif plus ou moins avoué du libéralisme économique et sociétal, c’est le grand magma planétaire indifférencié. C’est la poursuite d’une uniformisation toujours plus globalisante voire totalitaire, pour qu’à force de brassages et de mélanges les identités et particularismes disparaissent. Pour faire de l’humanité une armée de zombies indifférenciés,  de consommateurs-clones malléables et redevables à merci, identiques de Los Angeles à Vladivostok comme de Reykjavik à Tombouctou , ou encore de Paris à Pékin, le grand rêve de l’ultralibéralisme a toujours été de s’affranchir de l’autorité des  frontières.

Le capitalisme libéral est par essence cosmopolite, apatride. Les seules lois et les seules valeurs qui le régissent sont  les prix de revient et les bénéfices. il n’a que faire des nationalités, des souverainetés populaires et des frontières, et souhaite continuellement les affaiblir et les faire disparaître, consacrant ainsi le triomphe de l’économique sur le politique.

Effacer les frontières, détruire les indépendances nationales, c’est l’objectif ultime du grand Capital multinational et apatride. Prôner l’abolition des frontières, c’est objectivement jouer le jeu des libéraux, en leur servant fort opportunément d’idiots utiles.

Les problèmes qu’implique le maintien des frontières actuelles sont hélas particulièrement criants pour des peuples sans souveraineté reconnue comme les Basques, les Bretons, les Corses, les Kurdes, ou encore beaucoup de peuples africains, américains et asiatiques dont les terres ont été spoliées, escamotées par des lignes tracées sur une carte. Les gouvernements et les Etats concernés ne doivent pas s’interposer sur le chemin de l’autodétermination des peuples, même si dans de nombreux cas, des solutions fédérales peuvent constituer des alternatives crédibles et viables aux velléités séparatistes. En ce sens, il ne doit pas y avoir de frontières limitant la solidarité, l’entraide, et la coopération volontaire. Mais la négation des frontières et des nationalités constitue bien le piège ultime qu’il convient d’éviter, sous peine de scier la branche sur laquelle on est assis, et de se faire l’instrument du cancer mondialiste.

Ainsi donc, le combat inter-nationaliste doit être compris et appliqué dans le sens le plus équitable : pas de frontières limitant la solidarité, et pas de frontières imposées contre leur gré à des nations réelles sans souveraineté. En revanche, pourquoi nier le droit des peuples et des groupes humains à l’autodétermination et à la souveraineté territoriale ?

Le choix individuel des “apatrides” volontaires, en soi, est certes respectable. Mais il cesse de l’être à partir du moment où ils entendent l’imposer de façon universelle, en refusant aux autres le droit de se constituer en entités collectives souveraines.

Par le refus de toute logique génocidaire ou assimilationniste , il convient de lutter pour un réel pluralisme, car la diversité ethnique, culturelle, et linguistique est le fondement même de la richesse de l’humanité.

Par la solidarité de tous les peuples en lutte contre l’impérialisme de par le monde, il convient donc d’opter pour un inter-nationalisme véritable qui, au lieu de nier et de rejeter les différences, au lieu de détruire les souverainetés et les autonomies, les reconnaît et œuvre à leur préservation.

L’inter-nationalisme bien compris doit consister en la solidarité internationale de tous les peuples qui luttent pour rester eux-mêmes,
maîtres chez eux, et non en une sorte de mondialisme massifiant,
uniformisant et négateur de toutes les frontières.

Il ne s’agit pas ici de plaider en faveur des rivalités et de la division du genre humain, mais bien au contraire en faveur de L’UNITE DANS LA DIVERSITE, pour reprendre -et retourner contre eux- une formule chère aux chantres de l’U.E. Une unité qui n’est concevable que sur des bases volontaires et affinitaires, puisqu’il est bien évident qu’on ne peut éternellement contraindre des peuples et des cultures que tout oppose à cohabiter contre leur gré.

L’histoire, y compris récente, regorge d’exemples de nations brimées dont les droits ont été bafoués pendant plus ou moins longtemps, mais qui toujours finissent par se réveiller, par retrouver leur fierté et briser leurs chaînes. La flamme nationale est une flamme éternelle, quels que soient les moyens déployés -toujours vainement- par ceux qui tentent de l’étouffer, de l’éteindre. Elle renaîtra encore et toujours, car l’identité et la souveraineté, garanties par le maintien de frontières effectives, sont tout simplement des questions de liberté. Les frontières matérialisent notre liberté de choix, notre liberté d’association, notre liberté de demeurer nous-mêmes et de vivre comme nous l’entendons.

Hans CANY

Pour une inter-nationale solidariste

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